Sécheresse : Un plan d’urgence pour 12 communes de l’Hérault en pénurie d’eau

Depuis plusieurs mois, de nombreuses zones de l’Hérault font face à une sécheresse persistante. Elles sont désignées en situation de crise ou d’alerte renforcée, et des mesures restrictives concernant l’utilisation de l’eau sont en place. L’été 2024 s’annonce comme une période difficile, étant donné que les réserves souterraines n’ont pas bénéficié d’une recharge adéquate durant la saison automnale et hivernale.

En 2023, les précipitations dans l’Hérault se sont élevées à 490 mm, avec des disparités significatives entre l’ouest et l’est du département, ainsi qu’entre les zones montagneuses et le littoral. Ces chiffres contrastent avec les relevés des années précédentes : 563 mm en 2022, 666 mm en 2021 et 557 mm en 2020. Ces quantités restent nettement inférieures à la moyenne nationale.

La disponibilité en eau constitue un défi majeur dans l’Hérault, ayant un impact crucial sur l’agriculture, le tourisme et l’approvisionnement en eau potable des résidents. À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, le gouvernement, le Conseil départemental et l’Association des maires de France dans l’Hérault ont organisé un événement de réflexion sur la question de l’eau, sa gestion et sa préservation, le mercredi 20 mars 2024 à Béziers.

Sécheresse : la situatoin du département de l'Hérault au 20 février 2024. Près de dix zones sont en crise ou en alerte renforcée.

12 municipalités déjà confrontées à la pénurie en mars

Dans le département de l’Hérault, 12 villes sur un total de 342 sont déjà signalées au niveau de crise (en rouge), malgré le début du printemps à peine entamé. Ces municipalités sont localisées dans les bassins-versants de l’Orb aval et de l’Aude aval, notamment Berre et Rieu, au nord et à l’ouest de Béziers.

D’autres communes sont placées en alerte renforcée (en orange) dans les bassins-versants du Lez-Mosson, de l’Hérault aval, de l’axe Orb soutenu, de l’Orb amont, du Jaur, de la nappe astienne et de la Cesse.

Malgré les pluies sporadiques de l’hiver, les niveaux de recharge en eau ne dépassent guère les 40% de leurs capacités maximales.

Les précipitations des semaines récentes ont eu un impact marginal sur l’humidité superficielle des sols, mais ont à peine contribué au renflouement des nappes phréatiques.

« Depuis des semaines, nous travaillons à l’élaboration d’un plan départemental d’urgence. Il permettra d’aller vers les communes sinistrées avec des aides, des financements et des expertises pour tenter de résoudre ses problèmes de pénurie d’eau potable, le plus rapidement possible. »

François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault

Des mesures d’urgence locales en cours de préparation

Près de 300 individus ont participé à la réunion sur la problématique de l’eau à Béziers, dont plusieurs maires. L’objectif est d’annoncer prochainement un plan d’action d’urgence concernant les réserves d’eau potable.

Le premier volet de cette initiative concerne la sensibilisation et la communication, tant auprès des résidents que des grands consommateurs d’eau, assorties d’une augmentation des aides financières destinées aux municipalités.

Le deuxième volet consiste en une gestion de crise plus efficace, avec des rencontres plus fréquentes entre les autorités, le renforcement des capacités des camions-citernes pour l’intervention, ainsi que la réparation des réseaux d’eau vieillissants, responsables de fuites représentant de 25% à 50% de l’eau transportée.

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